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Florent Piétrus à la lutte au rebond. (Reuters)

EQUIPE DE FRANCE

AVEC L'OMBRE D'UN DOUTE

Les Bleus terminent à une belle cinquième place, d'autant plus prometteuse qu'elle a été obtenue malgré la blessure tardive de Tony Parker. Même si elle a été suivie par deux victoires, la défaite en quarts de finale contre la Grèce a cependant laissé un goût amer, comme un flou à dissiper.


Claude Bergeaud ne voulait pas en parler durant le tournoi avant de se lâcher une fois le dernier match disputé : «mon grand regret, c'est que Tony n'a pas été là». A entendre dans les deux sens. Le sélectionneur aurait logiquement préféré que Tony Parker ne se blesse pas, mais il aurait également apprécié que le meilleur marqueur français en préparation revienne au Japon pour la phase finale, histoire de collecter de l'expérience avec le reste du groupe. Il aurait alors pu vivre des moments qui aident à mûrir. La défense contre l'Angola, tenace puis fébrile. L'impuissance face à la Grèce. La gnac en fin de match contre l'Allemagne. La joie après la victoire sur la Turquie. Sans doute aurait-il pu modifier le cours des choses, même si l'entraîneur ariégeois notait dimanche sur Canal+ : «même avec Tony, il y a un an, ou un mois, j'aurais signé pour un tel résultat». Venue pour apprendre en premier lieu, l'équipe de France repart avec un classement honorable, juste derrière le Fab Four (Espagne, Grèce, USA, Argentine).

En terme de jeu, la France était en revanche plus loin derrière. La Grèce, encore elle, est passée par là pour recouvrir d'un film translucide le potentiel immense de cette jeune équipe. Tout est un petit peu moins clair depuis le quart de finale. Au Mondial comme à l'Euro, chaque match a permis de constater le caractère inoxydable de l'assise défensive. Modifier l'effectif de moitié n'a en rien affecté son efficacité et si la France reste la troisième nation européenne d'une année sur l'autre, elle le doit à ce secteur. Mais le mur hellène a brutalement montré qu'une bonne attaque ne découle pas fatalement du rythme généré par la défense. Le jeu à deux vitesses proné par le sélectionneur n'a pas été validé. Sans Tony Parker et avec un Boris Diaw emprunté, ou peut-être injugeable, les phases courtes se sont raréfiées. Quant au jeu sur demi-terrain, il a été marqué par l'incapacité chronique à être adroit dans le même temps à un, deux et trois points. «L'identité est dure à trouver, concède Bergeaud. En défense, nous l'avons depuis trois ans. Mais nous la cherchons en attaque».

Ce que le sélectionneur avait asséné avant le Mondial et qui a été confirmé en revanche, c'est la difficulté de faire évoluer des éléments NBA dans le jeu FIBA. Il n'est pas que question de règles, mais aussi d'état d'esprit. Drôle de coïncidence alors que la signature dans un club d'Euroligue (Rome) de celui qui a longtemps été le symbole du mirage américain (Jérôme Moïso) le jour même où la France perdait contre la Grèce. Entre l'américanisation des CV des internationaux et la culture profondément européenne de Claude Bergeaud, existe-t-il un coin qui, s'il ne s'exprime pas dans les relations humaines, se révèle dans les difficultés à trouver cette identité ? Ou la variété des clubs fréquentés (NBA, Espagne, Pro A) nuit-elle à cette entente ? Pour l'avenir, toute solution est bonne à prendre pour éviter que se confirme ce qu'Antoine Rigaudeau écrit dans L'Equipe dimanche. «Un joueur qui n'aime pas le pouvoir ne peut pas avoir l'instinct du tueur. (...) Je n'ai pas vu cet esprit de conquête et la volonté de dominer l'adversaire chez nous. Sincèrement, je ne sais pas si nous avons la capacité de devenir ce type d'équipe : une équipe qui ne fait pas de cadeau.»


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