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21/06/2006 | 10:48| Basket - NBA - Finale

L'oeil de J. Monclar

Jacques Monclar, consultant de L'Equipe.fr, revient sur le sixième match de la finale NBA et la victoire du Miami Heat sur les Dallas Mavericks (92-92) par quatre manches à deux.


Bonheur-Malheur

Si près, si loin. Miami est champion, Dallas a lâché dans le match 6. Pourtant les Mavs avaient commencé en trombe, prenant 14 points d'avance rapidement avec les habituels Jason Terry et Dirk Nowitzki. Puis, dans le final de la mi-temps, Miami passa un 13-2 (avec un dunk survitaminé de "Zo" Mourning) pour virer en tête à la pause. La suite fut un long mano a mano avec un Dwyane Wade toujours monstrueux, un Antoine Walker appliqué (!!!) et surtout James Posey et Udonis Haslem qui, par leur efficacité (rebonds-shoots-défense), scellèrent le sort du match et de la série. Miami a surgi comme un diable de sa boite dans ces playoffs. Le Heat est revenu de l'enfer dans cette finale (depuis 1977 et Portland, personne n'était revenu de 0-2). Les Floridiens ont surfé sur le génie de "D" Wade et les Mavs n'ont pas à rougir de ça.


Perdant magnifique

Dirk Nowitzki a tout tenté. Toujours au four et au moulin, le grand Allemand va ressasser ces quelques lancer-francs laissés en route, ce temps-mort trop vite posé, le final des matches 3 et 5, mais il se relèvera et emmènera un jour "ses" Mavericks au titre suprême. Il a vu Jason Terry et Josh Howard s'éteindre dans les ultimes moments de la finale et ne pouvait, avec le seul Jerry Stackhouse, abattre Miami. Dirk Nowitzki a gagné cette saison le plus beau des trophées, celui du respect total.


Spartacus

"Zo" Mourning voulait faire taire le public de l'American Airlines Center. Il l'a fait ! Ses contres musclés (5), ses dunks dégoulinant d'adrénaline ont littéralement "climatisé" la salle et boosté les énergies du Heat. Revenu au basket après une transplantation rénale, notre Spartacus des planchers a rejoint Miami, la franchise de ses amours, il y deux ans pour y apporter de l'humilité, du don de soi. "Zo" voulait ce titre jamais obtenu, il avait rendez-vous avec son rêve. "Zo" est assouvi, "Zo" est un homme heureux.


Maestro

Pat Riley a dominé son sujet et a dominé ses sujets. Le coach de Miami a bien entendu déjoué les piéges tendus par ce finaud d'Avery Johnson, trouvant des solutions sur la zone avec Udo Haslem au poste haut ou James Posey dans le corner, protégeant par un "coup de zone" le Shaq d'une 6e faute et gagnant une balle, offrant à "D" Wade des espaces et des écrans, limitant Dirk Nowitzki en le "doublant" (défense à 2) ou en "changeant" sur les écrans. Bref, la palette... Mais son succès est d'avoir donné des rôles, des missions à des joueurs comme Gary Payton, Antoine Walker ou Jason Williams réputés ingérables. Pat Riley a trouvé les mots, les gestes, l'attitude pour privilégier la notion d'équipe. Ce triomphe en terre texane vient douze ans après l'échec sur le fil subi avec les Knicks à Houston. La terre tourne et Pat Riley avec ce 5e titre (4 avec les Lakers) a rejoint les légendes du coaching.


A la soute

Dans les séries, lorsque les joueurs, les équipes et les coaches se connaissent parfaitement, la victoire se dessine sur des valeurs simples comme l'abnégation, l'exécution des consignes, l'intensité, le don de soi. Les "repentis affamés" de Miami en sont l'illustration. Les rebonds de Antoine Walker, la défense de Gary Payton, la sobriété de Jason Williams, le dévouement du Shaq, de Udonis Haslem ou James Posey ont été les fondements du triomphe de Miami. L'équipe, toujours l'équipe... Et c'est à la soute, dans le dur, voire la souffrance, que se font les triomphes.


Les 3 vies du "Shaq"

Le "jeune" Shaq d'Orlando s'était brouillé avec le talentueux Penny Hardaway, pas assez "guerrier" à son gout ; le Shaq mature n'avait pas supporté le coté "diva" et la gourmandise offensive de Kobe Bryant ; le vieux Shaq a décidé que "son" Miami serait celui de "D" Wade et qu'il serait son grand frère. Notre HippopoShaq l'a joué au sacrifice, monopolisant la défense, libérant des espaces, se concentrant au rebond, agissant en grand frère, faisant valoir sa force pure et prêt à tout pour Dwyane Wade dans le registre "touche pas à mon pote". Ainsi est le Shaq couronné une 4e fois avec "Zo" Mourning, celui qui fut son meilleur ennemi et coaché par Pat Riley qu'il dit être le meilleur coach qu'il ait connu (allô Phil Jackson....). En arrivant à Miami, il y deux ans, le Shaq avait promis le titre. Sa Majesté s'est exécutée.


MVP

"D" Wade évidemment. Que dire de plus ? Talent, qualités physiques hors normes, génie, courage, coeur, la totale en quelque sorte... L'homme est tranquille, il règne sur la NBA et c'est une bénédiction pour la Ligue de le voir à son firmament. Ce titre de MVP des finales (157 pts dans les 4 derniers matches !) le met en pleine lumière. A 23 ans (draft 2003 comme LeBron James), son avenir apparaît radieux et son présent est sublime.


This is the end

Fin de saison et fin de rubrique. Je me suis régalé. Une saison régulière tip-top et des playoffs de légende. Merci à un certain Julien pour ses idées et ses opinions (un tantinet texane ou "Nowitzkienne") et n'oublions pas :"We love this game...."



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