15/05/2006 | 23:44| Basket - NBAPetro : «Mon statut a changé»Serein, disponible et visiblement en phase avec ce qu'il souhaitait pour lui-même, tel est le Johan Petro version NBA. Un grand garçon (2,12 m) tombé au bon endroit, au bon moment et qui, prêt à faire confiance au «feeling du coach», attend l'équipe de France avec impatience après une solide saison rookie à Seattle. Le pivot guadeloupéen d'à peine vingt ans revient sur son apprentissage de la NBA, conscient d'en «avoir super bien profité», et ses envies sous les différents maillots. «Je suis un grand qui essaye d'aider tout le monde», résume l'ancien Palois.
«Johan Petro, Claude Bergeaud souhaitait que vous passiez par l'équipe de France A' pour retrouver les habitudes du jeu international (FIBA). Est-ce selon vous une nécessité ?
Ce serait plutôt le contraire. Le plus dur, c'est de s'habituer au jeu de la NBA. Le jeu FIBA applique des règles qui ne sont pas "hors du cadre". En FIBA, il n'y a pas la règle des trois secondes défensives, tu peux effacer les ballons au dessus du cercle. En NBA, il y a plein de petits trucs que tu ne peux pas faire et qui peuvent te coûter un match.
A vos débuts, vous connaissiez un problème de fautes rapides qui s'efface désormais. Peut-on parler de déclic ?
Je ne pense pas. Je me suis aperçu que je continuais à faire les mêmes petites fautes mais que les arbitres ne les sifflaient plus. A partir du moment où mon entraîneur m'a mis dans le cinq majeur, puis qu'il a expliqué que j'étais bien le pivot des Sonics, mon statut a changé. Et pas seulement dans l'équipe, mais aussi dans la Ligue. Je n'étais plus vraiment le rookie mais le joueur qui essaye de prouver.
En arrivant en NBA après deux saisons d'Euroligue, quels étaient vos atouts et a contrario les points à travailler en priorité ?
D'après moi, les Sonics ont particulièrement aimé qu'en Europe, surtout à Pau, c'est l'équipe qui compte le plus. Je suis un grand qui essaye d'aider tout le monde et dans le système de défense qu'ils tentent de mettre en place, c'est ce qui compte. Ce que j'ai dû surtout travailler, c'est la résistance et mes lancers-francs.
En début de saison, vous aviez affirmé avoir pris de nombreux kilos avant de relativiser ces propos. Qu'en est-il réellement ?
En fait, je suis arrivé fin août à Seattle, un mois avant tout le monde. Pendant deux mois, je n'ai fait que pousser (faire de la musculation), pousser, pousser... Ils m'ont dit que j'étais trop fin pour la NBA. En plus, j'avais une réputation qui n'était pas la bonne, on me comparait beaucoup à Jérôme Moïso. Alors j'ai voulu montrer que je n'étais pas comme on le disait et j'ai énormément travaillé. J'ai beaucoup pris, très rapidement, et je me suis retrouvé tout déformé (sic). J'ai ensuite été malade et je suis resté allongé à l'hôpital pendant quelques jours. Là, j'ai retrouvé un corps plus normal.
A Seattle, les meilleurs joueurs sont à l'extérieur. Quelques conséquences cela a pour vous et l'arrivée de l'intérieur Chris Wilcox a-t-elle changé quelque chose à votre situation ?
C'est vrai que l'équipe est basée sur trois joueurs. En premier lieu Ray Allen, c'est normal, puis Rashard Lewis et le meneur, Luke Ridnour. Ils connaissent très bien le basket et ils partent de l'idée que quand l'un ne peut pas, les autres sont là. Quand Chris Wilcox est arrivé, les ballons sont plus venus à l'intérieur. Et quand il a commencé à réaliser des performances, il a pu passer la balle à celui qui se retrouvait tout seul à l'intérieur. Ca m'a beaucoup aidé, j'en ai super bien profité.
Mickaël Gelabale devrait évoluer à Seattle l'an prochain. Vous connaissez-vous ? Comment appréciez-vous son arrivée ?
Je le connais super bien. J'espère que ça se fera. C'est un joueur qui peut aider énormément l'équipe. Il correspond au style de joueurs qu'ils recherchent, avec de la dureté défensive, quelqu'un qui peut courir. C'est pour cela qu'ils sont à fond sur lui en ce moment.
Comment imaginez vous votre rôle en équipe de France ? Pouvez-vous jouer autour de la raquette ?
Mon rôle ? Je ne sais pas du tout. Ce sera au feeling du coach, comme il voudra m'utiliser. (...) C'est vrai que cette année, j'ai beaucoup travaillé mon shoot. Après, il y a des matches où ça rentre, d'autres non. Mais c'est vrai que quatre (ailier fort), c'est le poste où j'aimerais bien terminer ma carrière.
Mickaël Piétrus parlait de Portland comme club qui le fait rêver. Quel est le vôtre ?
Honnêtement, je n'arrive pas à m'imaginer dans un autre club actuellement. C'est bizarre parce qu' avant, je ne me voyez pas du tout à Seattle, alors que maintenant, je ne me vois pas ailleurs qu'à Seattle.»
Propos recueillis par Xavier COLOMBANI
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