25/04/2008 | 21:47| Natation - ChFMetella : «Je reviens de loin»![]() «J'ai vécu trois ans de galère, je reviens de très loin.» Cette barre des 54 secondes au 100 m nage libre pèse très lourd pour Malia Metella. La vice-championne du monde de la distance en 2005 peut savourer sa renaissance, vendredi, aux Championnats de France disputés à Dunkerque. Toujours aussi souriante et disponible, elle évoque ses difficultés passées, son travail pour revenir au plus haut niveau et sa résurrection sous le soleil de Toulouse. «Malia Metella, comme vous l'aviez promis, vous passez sous la barre des 54 secondes ! C'est fait, je suis contente. Je n'avais pas seulement envie de passer sous les 54 secondes, j'avais envie d'envoyer des filles dans ce relais, surtout Hanna (Shcherba Lorgeril), c'est un double bonheur. On a vraiment l'impression que c'est vraiment une joie partagée ? Cela fait plaisir de faire une équipe avec ce genre de filles. Alena (Popchanka), Hanna, Céline (Couderc) sont toujours là. Je me suis entraînée deux ans à l'Insep avec Hanna, cela n'a pas été facile tous les jours, on en bavait. Elle n'était pas qualifiée en individuel, elle vient au relais, c'est génial. Ce bonheur semble d'autant plus grand qu'il arrive après des années difficiles. J'ai vécu trois ans de galère, je reviens de très loin. Au début, on pense à tout arrêter, l'espoir m'a fait continuer. Mon entourage, les entraîneurs, les nageurs m'ont aidée. On oublie au fil des mois. On continue, on se raccroche, on y croit. Il faut toujours garder au fond de sa tête ses années de galère, cela permet de grandir (le DTN Claude Fauquet passe et lui glisse : « tu es grande alors.») Pouvez-vous nous raconter ces trois ans de galère ? Cela a commencé juste après Montréal (Mondiaux en 2005) où j'ai eu une inflammation au cartilage du thorax, j'ai arrêté un mois. Les six mois qui ont suivi, les filles n'ont pas arrêté d'améliorer leur temps. C'était record sur record et moi je n'avançais plus car je reprenais l'entraînement, mais j'avais toujours aussi mal. Il fallait que je ralentisse la cadence à l'entraînement et je n'arrivais pas à revenir à mon meilleur niveau, j'ai pris du poids, cela n'allait plus mentalement, cela a été de très longues années. Votre départ pour Toulouse a-t-il servi de déclic ? Il fallait que je change un peu d'entourage au bout de sept ans à l'Insep, cela n'allait vraiment plus pour moi. Je suis partie à Toulouse, j'ai retrouvé un peu de soleil qui me manquait parce que j'en avais beaucoup en Guyane avant d'arriver à Paris. Cela m'a permis d'ouvrir un peu plus mes poumons, de découvrir autre chose, d'avoir un chez moi. A 26 ans, être dans un internat, ce n'est pas facile. A Toulouse, je peux voir mes amis en dehors des entraînements. Et puis j'ai pris un peu de distance avec mes études (études de journalisme), je suis juste en stage à France 3 à Toulouse. Au niveau mental et au niveau diététique, j'ai préféré me prendre en main. Ne pas manger trop ou me forcer à manger parce qu'il faut finir le plat, j'achète plus de légumes alors que je n'aime pas, je me force un peu, je fais attention à mon poids parce qu'on est pesée toutes les semaines à Toulouse, cela me permet de m'équilibrer. Lors de cette finale, vous réalisez un excellent deuxième 50 m. Comment l'expliquez-vous ? C'est tout le travail d'endurance et de force que j'ai fait cette année avec la coach de musculation qui paie. Avant, il était impossible pour moi de faire un deuxième 50 super et là c'est fait. Cela prouve que je suis vraiment sur la bonne voie pour aller chatouiller les meilleures. Maintenant, vous aimez le 100 m ? Oui, mais il me fait toujours aussi peur que le 50, je ne sais pas pourquoi. C'est encore difficile, mais cela fait plaisir de pouvoir réussir des courses où, au début, je n'avais pas envie. J'ai pris de la force et de la confiance en moi en travaillant de plus en plus dur. A chaque fois que j'étais en musculation, je me rappelais les poids que je mettais l'année des Jeux. Il fallait que je réussisse à soulever ses poids de nouveau, cela s'est fait avant les Championnats. J'ai réussi à être au même poids que l'année des Jeux au niveau musculaire, c'est génial. Il me reste plus qu'à gagner un peu plus et là, cela va passer. Quels seront vos objectifs aux Jeux ? J'ai forcément envie de revenir avec une médaille et peu importe la distance. Si j'arrive à chatouiller encore quelques centièmes avant ces Jeux, cela va être plus facile. » Recueilli par Sophie DORGAN, à Dunkerque Voter pour cette article:
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