MSN Sports Aussi - Metella à cent pour cent
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25/04/2008 | 20:48| Natation - ChF

Metella à cent pour cent

La fin justifie les moyens. A l'approche du terme de ces Championnats de France, le temps s'accélère, vendredi à Dunkerque, avec deux records de France, l'un pour Frédérick Bousquet en 51"83 sur 100 m papillon et l'autre pour Malia Metella (photo L'Equipe) en 53"99 sur 100 m nage libre, des demi-finales du 50 m, dignes d'une finale olympique avec trois hommes en moins de 21"67, et la renaissance de Laure Manaudou à deux centièmes de son record de France sur 200 m dos dans une «rassurante» combinaison Speedo. Cette pléiade de performances ne tiédit pas la joie des dossistes Pierre Roger et Simon Dufour, qualifiés pour les JO sur 200 m, ou de Sophie de Ronchi, qui décroche son billet pour Pékin d'un centième sur le 200 m brasse.

En une phrase, Simon Dufour résume le bonheur d'une qualification dans un sport parfois très ingrat où les récompenses ne se comptent pas comme le nombre de carreaux dans la piscine : «Ce n'est pas la cerise sur le gâteau, c'est le gâteau sur la cerise.» Et pour goûter aux joies d'un voyage en Chine, les souffrances ne s'évacuent pas d'un coup de bras. Derrière son sourire, sa bonne humeur et sa générosité, Malia Metella a souffert. Après trois ans de galère qui débutent après les Mondiaux de Montréal en raison d'une inflammation au cartilage du thorax, la Guyanaise passe la barre des 54 secondes (53"99) en remportant la finale du 100 mètres nage libre. « Je reviens de loin», glisse-t-elle avant d'ajouter qu'il « faut toujours garder au fond de sa tête ses années de galère, cela permet de grandir ». Son travail d'endurance et de force pendant de longues heures dans la salle de musculation de Toulouse où elle a trouvé un deuxième souffle et un soleil bienveillant, et sa prise en charge mentale et diététique, ont rejailli dans un excellent deuxième 50 m. Quatrième après le premier 50 m, elle déclenche la surmultipliée pour devancer Alena Popchanka et Céline Couderc. En concurrence avec Alain Bernard pour le titre du nageur le plus aimable, Malia Metella n'oublie jamais ses amies : «Je n'avais pas seulement envie de passer sous les 54 secondes, j'avais envie d'envoyer des filles dans ce relais, surtout Hanna (Shcherba Lorgeril), c'est un double bonheur

Trois Français dans les quatre meilleurs mondiaux de la discipline

Ce double bonheur voit triple lors des demi-finales du 50 m nage libre avec Amaury Leveaux en 21"53, meilleur chrono personnel, Frédérick Bousquet en 21"60 (meilleur chrono personnel), et Alain Bernard en 21"67. Trois Français dans les quatre meilleurs nageurs mondiaux de la discipline ! Et encore, ils ont de la marge. « Le premier 25 m est complètement nul, cela ne va pas du tout. Je ne suis pas dans ma nage, je vois qu'il y a Fred (Bousquet), après je me place et j'arrive à repartir. C'est presque le record d'Europe à trois centièmes. Je voulais le battre, je m'en sentais capable aujourd'hui. Vivement demain (samedi)!», avertit Amaury Leveaux qui a soif de revanche après sa déconvenue lors de la finale du 100 m (4e). Mais le grand blond ne va pas se laisser décoiffer. Un peu dégagé de la pression du voyage à Pékin, Alain Bernard se montre également très impressionnant et reste concentré. «Il y a encore des petits réglages à faire au niveau de la respiration ou de l'alignement, note l'Aubagnais. Cela va être une grande et belle finale

Pour Laure Manaudou, il s'agit d'un petit bonheur qui peut valoir gros. Elle nage en confiance, sans l'insidieux doute sur son matériel. Après un lundi cauchemardesque, la championne olympique, sous contrat avec Arena, a décidé de revêtir la fameuse combinaison Speedo en accord avec son équipementier. Fondé ou non, ce choix lui permet de se libérer. Laure Manaudou n'échappe donc pas à l'irrationnel qui côtoie tout sportif. « Elle a un matériel dans lequel elle a confiance. Malheureusement, je crois que cela a joué dans ce qui s'est passé en début de semaine, déplore Lionel Horter. Le doute est quelque chose qui ronge le psychisme des sportifs de haut niveau. Elle doutait un peu de son matériel à tort ou à raison, mais cela a eu des conséquences. » L'esprit libre, elle nage plus vite. Si l'habit fait son moral, la combinaison sert d'anti-poison au doute, il n'est donc pas question de défaire le fil d'une confiance si fragile. L'alchimie d'un champion est bien trop subtile pour perturber la belle mécanique. «A mon avis, cela n'a pas réellement d'impact, mais le problème est que Laure y croit, explique son coach. Inévitablement, si elle pense que son matériel est le meilleur et qu'elle est en confiance comme cela. Il n'y a pas à discuter, il faut qu'elle fasse comme cela.» Et dans l'eau, les effets sont immédiats avec le meilleur temps des demi-finales du 200 m dos en 2'08"01, à deux centièmes de son record de France. La manière, à l'image de son dernier 50 m, invite également à un mieux-être. Sa seule déconvenue se situe hors de l'eau avec la non-qualification de son fiancé, Benjamin Stasiulis, sur le 200 m dos. Dans cette compétition couperet, les petits bonheurs se comptent en centièmes, un souffle pour beaucoup de souffrance.

Sophie DORGAN, à Dunkerque

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