24/04/2008 | 21:25| Natation - ChFAuguin : «Un truc de tarés»![]() Denis Auguin, entraîneur d'Alain Bernard (Photo L'Equipe) : «C'est beaucoup d'émotion. Cela représente huit ans de travail ensemble. On a connu beaucoup de choses ensemble, des moments sympa, des moments difficiles, on a toujours cru l'un en l'autre. Si ce soir, je ne suis pas heureux, il faut que j'arrête d'entraîner. Je crois qu'il est plus à l'aise en compétition internationale qu'en Championnats de France parce qu'ils s'entend bien avec tout le monde, cela ne lui plait pas trop d'être en guerre avec des gens qu'il aime bien. C'est plus compliqué pour lui qu'un événement international. Je lui avais demandé de faire un 100 m. Il a fait un 90 m, mais ce n'est pas grave. Il a touché le mur le premier, c'est donc lui qui avait raison. Les dix derniers mètres sont très durs, ils m'ont paru très, très longs. Déjà au 25 m, j'ai 9"18 au chrono, c'est un truc de tarés et 21"97 au 50 m, c'est la promesse de la capacité d'Alain à nager beaucoup plus vite que 47"5. Je pense que s'il était passé "raisonnablement" en 22"2, on aura pu voir un truc gigantesque. Il est parti trop vite. Mais il a encore montré des choses exceptionnelles depuis hier, cela ne transparaît pas sur les temps. «Il n'y a pas longtemps, c'était le record du monde» Si on analyse froidement ses 100 m, c'est la preuve qu'Alain est encore en train de progresser. Il passe si vite, il a une telle capacité à appliquer de la force dans l'eau qu'il ne contrôle même plus. Hier (mercredi), il a même été un peu surpris de sa façon de nager. Ce soir (jeudi), il y va comme d'habitude, mais il se fait surprendre par lui-même. On ne peut imaginer 21"97 à la culbute, sa capacité à nager très, très vite avec encore un coup de bras de moins qu'à Eindhoven, c'est impossible. Je le savais qu'il était dans une forme exceptionnelle, il l'a prouvé. C'est quand même 47"82. Il n'y a pas longtemps, c'était le record du monde. Si c'était facile de réaliser ces temps-là, cela se saurait. Il va falloir se remettre au travail de façon encore plus précise et plus méticuleuse.» Fabien Gilot, deuxième du 100 m en 48"02 et qualifié pour les JO : «Je nage 48"02, c'est bien. C'est ce que je pensais faire à quelques dixièmes près. Mais dans le cadre d'une finale avec la tension, avec la pression, c'est bien. Je reviens fort, je suis au début d'une transformation qui commence à se mettre en place. Sur mon 100 m, tout n'est pas encore parfait, mais j'ai dans ma tête beaucoup mieux encore. L'essentiel était de prendre le billet. Ce seront mes premiers Jeux en individuel, c'est l'aboutissement du travail. Les choses se mettent en place petit à petit, il y a de l'évolution, c'est encourageant. Au moment où je touche, je laisse cinq ou six secondes de battement avant de regarder le tableau. Je me vois remonter sur Alain (Bernard), mais je ne vois pas du tout ce qui se passe de l'autre côté. Je touche et je me dis : "tu as nagé, maintenant regarde, c'est de la loterie". Les cinq secondes étaient longues. C'était une course vraiment difficile avec le cinquième à 48"96, c'est fabuleux. On a un relais qui va cartonner cet été. Il y a vraiment une bonne ambiance entre nous. On est des copains, la course se règle dans l'eau, pas dans la chambre d'appel. Aux Jeux, j'ai envie de finale et après je suis persuadé que ce sera très ouvert. Au relais, je suis sûr qu'on peut gagner si on arrive tous les quatre en forme le même jour.» Frédérick Bousquet, troisième du 100 m en 48"71 : «Je suis vraiment content de repasser sous les 49 secondes ce soir, c'est un peu moins vite qu'hier (jeudi). Je passe plus vite qu'hier et je le paie beaucoup sur le retour. Mais je suis content. Je suis soulagé de faire partie du relais et de ma place de troisième. Je sais qu'elle a beaucoup de valeur cette place, je suis vraiment heureux de l'avoir. Au relais, tout peut arriver. Parti comme c'est parti, on peut nager 3'10".» Malia Metella, meilleur temps des demi-finales et record de France du 100 m nage libre en 54''27 : «Enfin le record de France ! J'attends depuis Madrid ce record. Je m'étais dit après Madrid, il faut que je passe encore des étapes et c'est quatre ans après que je le fait parce que je passe par des galères. Là, cela fait encore plus plaisir. On se dit qu'on n'a pas fait ce chemin pour rien. Je n'ai pas laissé tomber. Pour moi, c'est magnifique ce beau record aujourd'hui. J'espère deux fois mieux demain (vendredi). Passer le cap des 54 secondes, ce serait formidable.» Hugues Duboscq, vainqueur du 200 m brasse : «Je pars avec Julien (Nicolardot), c'est vraiment super. Cela va me permettre de ne pas être tout seul en chambre d'appel aux séries du 200 m brasse. Je suis tenté de partir comme hier, mais j'ai voulu éviter le piège d'emballer la machine, j'ai donc temporisé. J'ai peut-être un peu trop calmé la machine. Ces Championnats de France sont complètement positifs car, en général, je suis un peu en-dessous de mes performances lors de cette compétition; là je suis en plein dedans, j'espère que c'est debon augure. Si je veux monter sur le podium à Pékin, il faudra nager plus vite, car la brasse mondiale s'emballe vraiment. Il ne faut pas louper le wagon.» Aurore Mongel, championne de France du 200 m papillon : «Le 200 papillon était un peu plus attendu que le 200 m libre. Je ne le savoure pas de la même façon. Je me suis un peu battue contre moi-même. C'était très dur parce que j'ai beaucoup plus de pression, j'étais très attendue. Je suis un peu moins relâchée dans cette course parce qu'on m'attend. Je m'attends aussi. Les derniers mètres sont un peu plus difficiles parce que je suis seule. Mais je suis contente. Je sais que beaucoup espérait que je fasse encore mieux. J'ai eu beaucoup d'émotions cet après-midi avec la qualification de Julien (Nicolardot). C'était ma dernière course très importante, 2'07'', 'est quand même bien, c'est la 2e fois que je nage aussi vite. Je vais savourer, c'est encore une épreuve individuelle aux Jeux et c'est vraiment ce qui me tenait à coeur. Je suis aussi super contente pour Magali (Rousseau) qui se qualifie.» Alain Bernard, vainqueur du 100 m en 47"82 et qualifié pour les JO : «J'avais de bonnes sensations, je voulais en profiter. Je me suis dit : "vas-y, fonce, fais ce que tu sais faire". Ca pique à la fin, c'est dur avec pas mal de désorganisation. Mais on a le billet en poche et le titre. J'ai eu de super bonnes sensations lors du premier 50 m, je me sens glisser, partir, je tourne les bras. Au 80-85 mètres quand Fabien (Gilot) revient à la bagarre, je commençais à me désorganiser, je me suis dit "reste en ligne" et je vois que je reste devant. Il y a beaucoup d'émotion. On avait beau dire ce qu'on voulait, rien n'était fait, il fallait aller chercher la qualification, il fallait se bagarrer. Ce n'est jamais facile de gagner. La pression était énorme. Je n'ai jamais eu autant de tension. La plus grosse tension devait être aux France ici, il y a quatre ans. On a passé le cap. Avec Denis (Auguin), cela fait longtemps qu'on travaille ensemble et c'est grâce à lui que je suis là. Je ne me rends pas encore bien compte, je suis vraiment fatigué, je vais récupérer parce que demain (vendredi), il y a un beau 50 m à faire.» Propos recueillis par Sophie DORGAN, à Dunkerque Voter pour cet article:
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