MSN Sports Aussi - Maracineanu : «Tant de classe»
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20/03/2008 | 00:38| Natation - ChE

Maracineanu : «Tant de classe»

En s'imposant en finale du 200 m dos en 1998, Roxana Maracineanu était devenue la première championne du monde française de l'histoire. Un an plus tard, elle récidivait en remportant le titre européen. Son entraîneur s'appelait alors Lionel Horter. Personne n'est donc mieux placée qu'elle pour analyser la performance de Laure Manaudou, médaillée d'or dans cette catégorie, mercredi à Eindhoven.

«"Comme ça les autres vont croire pour de bon que le 200 m dos est français", a dit Laure Manaudou. Un petit clin d'oeil pour sa copine Esther Baron qui détenait encore ce titre lundi matin. Ce même lundi où l'ex-championne en titre a du plier bagage sur le seuil du bassin hollandais. Sacrifiée sans ménagement et sans plus de remords sur l'autel du conflit Lucas-Fauquet-Luyce, une triangulaire post-municipale qui risque de durer pour un temps. Elle sans aucun doute pâli comme moi en voyant son record de France tomber avec tant de facilité. Avec tant de classe aussi. Il m'a fallu huit ans pour figurer au meilleur rang européen, cela a pris quatre ans à Esther. En trois mois Laure Manaudou a appris :

- à nager le dos relâché,

- à ne pas se servir de ses jambes

- à ne pas partir à fond

- à miner six nouvelles concurrentes contre qui elle n'avait jamais nagé.

Et ça lui a suffi pour être Championne d'Europe. Elle a pulvérisé le record de France et côtoie désormais la meilleure marque mondiale.

Je ne peux que m'incliner devant le risque pris. Une championne multi-médaillée est obligée d'avoir des certitudes sur sa tactique et sa technique. Elle, qui a validé ses choix et ses acquis plus d'une fois sur cette nage (championne d'Europe sur 50 et 100m dos, vice championne du monde et olympique) et sur des efforts comparables (recordwoman du monde sur 200m nage libre), a tout remis en jeu sans retenue. A cinq mois des Jeux, elle devait non plus seulement se rassurer sur les décisions prises ces derniers mois, mais aussi s'assurer de la compétence de son entraîneur, Lionel Horter, celui-là même qui m'a accompagnée vers le titre mondial de la course qui vient de la faire reine d'Europe, le 200 m dos.

Le test était facile ? Un peu évident ? Tant mieux finalement. Si déjà elle a fait de notre expérience bâtie sur dix-huit ans son simple apéritif, j'espère que c'est au moins pour en faire quelque chose de solide. Comme un petit caillou sur sa route vers Pékin...

Patience et fidélité. Et si c'était ça la clé de la performance ? Hugues Duboscq l'a joliment formulé sur 100 m brasse après une médaille d'argent qui boude sa soeur dorée de seulement deux centièmes : "je ne cherchais pas à descendre sous la minute, j'attendais que ça arrive". Et c'est venu aujourd'hui. Après le bronze olympique à Athènes, Hugues a mangé son pain noir pendant trois ans tout en restant fidèle à son club du Havre et à son entraîneur, Christos Paparrodopoulos. Il n'est pas de ceux qui naviguent voiles au vent, mais plutôt de ceux qui rament en silence et avec application. La brasse, il est vrai, est la nage la plus difficile à ajuster, celle qui demande des dispositions physiques particulières et des capacités motrices spécifiques. Il faut à l'entraînement une implication psychologique de chaque instant pour exécuter le mouvement juste. Pour ne pas détériorer sa technique, les brasseurs préfèrent donc effectuer leur entraînement cardiaque en crawl. Et pourtant les progrès sont difficilement transférables d'une autre nage à la brasse ! Le serpent se mord la queue avec ce système d'équation à tellement d'inconnues. Mais ce n'est pas ce petit problème mathématique qui va faire peur à cet informaticien hors pair.»


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