MSN Sports Hand - L'oeil de Denis Lathoud
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16/12/2007 | 20:48| Hand - ChM (F)

L'oeil de Denis Lathoud

Victorieuse de la Corée du Sud pour son dernier match dans la compétition (26-25), l'équipe de France a finalement terminé à la 5e place de son Mondial. Mais pour notre consultant, Denis Lathoud, cette place «n'est pas du tout un échec», bien au contraire. Elle permet à la formation tricolore d'entretenir l'espoir de disputer les JO de Pékin, avec aussi la possibilité de voir une dernière fois les cadres s'exprimer auxquelles il faut «tirer un grand coup de chapeau».

« Denis Lathoud, le Mondial se termine finalement plutôt bien pour l'équipe de France ?

Oui, d'autant que ce n'était pas facile de se remobiliser après ce quart de finale perdu jeudi contre la Roumanie. Contre la Hongrie tout d'abord samedi, c'est une équipe de France pleine de courage et d'envie qui a réussi à faire la différence. Contre la Corée du Sud dimanche, la France a été beaucoup plus malmenée. Même si le dernier quart d'heure a été complètement fou avec deux équipes qui cherchaient le K.-0., ça a tourné en faveur des Bleues qui ont mérité leur victoire. La France finit donc cinquième et c'est tant mieux parce qu'on va organiser le tournoi préolympique.

Ce qui est de bon augure pour les Jeux Olympiques.

Tout à fait, pour la simple et bonne raison qu'il aurait fallu aller en Corée du Sud en cas de défaite. Et aller là-bas, ça signifie beaucoup de choses : le déplacement, les kilomètres, le décalage horaire. En plus, jouer à l'extérieur face à des équipes d'Asie et d'Afrique, ce n'est jamais simple, notamment avec l'arbitrage, donc il faut mieux être chez soi pour les jouer et pour avoir toutes les chances de se qualifier pour les JO.

Ce sera aussi l'occasion de voir une dernière fois en action la génération des Pecqueux-Rolland, Wendling, Tervel ou Cano.

Oui et puis il faut en plus leur tirer un grand coup de chapeau puisque face à la Corée du Sud, ce sont elles qui ont inscrit les derniers buts. Valérie Nicolas a encore aussi été nommée meilleure gardienne de la compétition. Ce n'est pas simple d'avoir cette longévité. Elles ont longtemps porté l'équipe de France à bout de bras donc chapeau Mesdames, votre cinquième place n'est pas du tout un échec.

La Norvège en revanche a échoué en finale contre la Russie.

Oui et c'est d'ailleurs un résultat logique. A la mi-temps, les Russes avaient déjà quatre buts d'avance face à des Norvégiennes un peu empruntées qui n'avaient sans doute pas totalement digéré la demi-finale très difficile de samedi contre l'Allemagne. Elles se sont montrées beaucoup moins tranchantes et ont perdu beaucoup de ballons faciles. Face à des Russes impressionnantes de maîtrise et qui avaient rencontré beaucoup moins de difficultés samedi contre la Roumanie, vingt-quatre heures après seulement, ça ne pardonne pas.

La blessure très tôt dans le match de Gro Hammerseng n'a-t-elle pas pesé lourd en défaveur de la Norvège ?

Non, je ne pense pas. La Russie était simplement plus forte. La Norvège a bien trouvé quelques solutions parfois en passant par les ailes mais n'a pas assez insisté dans ce domaine de jeu. Et puis la grande force de la Norvège, ses montées de balle rapides, a parfaitement été annihilée par la défense russe.

La Russie mérite donc son titre. Selon vous, elle est bien la meilleure équipe du monde en ce moment ?

Oui, d'autant plus qu'elles ont perdu sur blessure leur arrière droite gauchère en début de compétition. Si on rajoute une gauchère dans cette équipe, elle devient bien la formation la plus complète du monde. Par rapport à la Norvège, le sept de départ est peut-être discutable. Mais si on regarde le groupe russe dans son ensemble, elles sont toutes du même niveau, il y a cinq ou six arrières à plus d'1m85 qui jouent toutes au même rythme, qui sont imposantes physiquement et qui courent vite. C'est vraiment très costaud.

Pour conclure, quel bilan dressez-vous de la compétition ?

C'est une vraie réussite pour le handball féminin mais aussi pour le handball en général. Les salles étaient souvent pleines et croyez-moi ce n'est vraiment pas facile de remplir des salles. Que ce soit à Metz ou à Dijon, le public a toujours répondu présent. L'organisation a été parfaite jusqu'au bout, jusqu'au final en apothéose à Bercy devant 15 000 personnes. Même si les filles ont joué leurs derniers matches relativement tôt, il y avait quand même 12 000 personnes, ce qui prouve bien que le handball en France est porteur. Maintenant, c'est à la Fédération de travailler pour encore améliorer le statut des clubs et encore continuer à progresser. »


Propos recueillis par Hugues SIONIS



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