11/12/2007 | 22:14| Hand - ChM (F)Krumbholz : «Devant leur rêve»Avant l'attaque de son quart de finale jeudi à Bercy face à la Roumanie (20h30), l'équipe de France a achevé son tour principal messin en offrant un spectacle de grande qualité aux Arènes. Olivier Krumbholz (Photo L'Equipe), l'entraîneur des Tricolores, revient sur la belle prestation de son équipe, qu'il juge importante en vue du match couperet dans la capitale française.
«Olivier Krumbholz, quelles ont été les clés de votre succès sur la Norvège ?
Nous avons existé en défense. Nous avons également profité d'une excellente Valérie (Nicolas), énorme dans son duel avec Haraldsen. Les deux défenses ont tenu : la 1-5 a un peu flotté au début de la seconde période, mais elle a remarquablement joué son rôle, et la 0-6 a bien pris le relais : nous avons retrouvé une bonne ligne arrière. Aujourd'hui, nous avons vu une belle équipe de France, et obtenu une belle victoire face à une formation norvégienne au complet. C'était une équipe de France petite, rapide et maligne qui s'est imposée... même si nous ne sommes pas si petits que ça avec l'apport de Raphaëlle (Tervel) et Mariama (Signaté), porteuses de taille.
Quel bilan tirer de cette victoire avant les quarts de finale ?
C'est peut-être une victoire symbolique, mais nous avons marqué des points. Même si il n'y avait pas d'enjeu réel, il est évident que nous avons réussi à les faire douter « handballistiquement » et elles ont perdu le fil conducteur de leur beau jeu habituel. Comme n'importe quelle équipe, lorsque le désordre s'installe, il est difficile de se remettre dans le droit chemin. Nous sortons un peu fatigués certainement, mais en bon état, sans blessées. Il fallait aussi remercier ce public à Metz , et faire maintenant appel aux futurs spectateurs à Bercy. Il faudra absolument que le POPB soit plein à craquer. Nous avons besoin du soutien du public, prioritairement sur le quart. Après, il est bien évident que si nous passons ce stade-là, nous en aurons encore plus besoin. Il faut que tout le handball français se mobilise pour réussir ce match de jeudi.
La Roumanie s'est imposée face à l'Allemagne (les deux équipes s'affrontaient pendant France - Norvège) et vous disputerez donc votre quart de finale face au pays de l'Est...
Il était évident que l'Allemagne n'allait pas forcer l'allure face à la Roumanie, voulait éviter de gagner pour terminer en tête du groupe II, et jouer un quart de finale face à la France, car elle préférait affronter l'Angola. Les dés étaient pipés avant ce match-là. Depuis le début, nous avons dit que les trois premières équipes du groupe II (Roumanie, Allemagne, et Hongrie) avaient un niveau homogène, avec un avantage pour la Roumanie, au niveau du potentiel humain. Il faudra se battre, les faire déjouer et douter dès le début. Et nous appliquer sur les montées de balles. Nous pouvons les battre, mais ce sera difficile.
Justement, vous avez perdu moins de balles en attaque...
Nous perdons de moins en moins de ballons, le jeu est de plus en plus clair, et les responsabilités aussi. Nous avançons... Certaines sont en train d'élever fortement leur niveau de jeu. Nous allons avancer un peu plus sereinement même si dans un sport collectif, il faut se méfier de la sérénité et que cette équipe de France se construit également au travers de la peur. Si elle a un peu peur de la Roumanie, ce n'est pas plus mal. Cela va peut-être amener les filles à serrer un peu plus le jeu, et y croire dur comme fer. Elles sont face à leur rêve. Nous avons travaillé pour les emmener en quarts, et maintenant, nous allons les aider à aller plus loin. Le premier objectif est réalisé, il faut se servir de ça, garder de la pression, positive, pour faire douter cette équipe de Roumanie.
Comment allez vous aborder cette rencontre ?
C'est une équipe avec beaucoup de « bras », elles sont grandes, costaud, et elles tirent fort. Avec la Russie, la Roumanie est le pays de l'Est qui forme le mieux les joueuses. Il ne faudra pas les laisser approcher, couper les passes vers le pivot, diabolique. Ce sera un match de très haut niveau, avec des scénarios différents : une équipe mènera, puis se fera mener... Il va falloir garder calme et sang-froid. Mais l'équipe de France a tellement envie de bien faire qu'elle a obtenu, au travers de ce résultat face à la Norvège, deux convictions. D'une part, elle sait qu'elle est capable de faire des grands matches. D'autre part, elle a définitivement compris que les mises en place tactiques qui lui sont proposées peuvent lui permettre d'aller chercher des victoires face aux grandes équipes, comme aujourd'hui. »
Propos recueillis par Peggy BERGERE, à Metz
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