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USPGALA LEÇON DU MAÎTREToujours dans le groupe de tête durant les trois premiers tours, Tiger Woods a terminé en beauté dimanche l'USPGA 2006 en rendant une carte de 68. Avec un total de -18, il remporte son deuxième Majeur de suite après le British Open et le douzième de sa carrière, avec cinq coups d'avance sur Shaun Micheel. Le Tigre a donné une leçon de golf pendant quatre jours, démontrant une fois de plus qu'il était le numéro un, sans contestation possible. Il n'a que 30 ans, mais il compte déjà douze Majeurs à son actif, avec maintenant en ligne de mire le record de Jack Nicklaus (18). Il domine le golf mondial à tel point que ses adversaires ne se contentent que des miettes qu'il veut bien leur laisser. Bientôt, il faudra inventer de nouveaux superlatifs pour qualifier ses performances et sa carrière. En attendant, Tiger Woods a remporté ce week-end sur le parcours de Medinah son deuxième Grand Chelem de la saison, son cinquième tournoi de l'année, et a empoché au passage un chéque non négligeable de plus d'1.200.000 dollars. Ce succès, il le doit surtout à son putting, tout simplement extraordinaire, et qui lui fera dire après sa victoire : « Je sentais que je pouvais mettre la balle n'importe ou sur le green, j'avais les moyens de la rentrer. J'ai connu aujourd'hui (dimanche) un de ces jours magiques sur les greens ». Dire que l'Américain a dominé le dernier Majeur de la saison est un doux euphémisme. Dixième après le premier tour, cinquième à l'issue du deuxième, il a pris la tête, ex aequo avec le Britannique Luke Donald le troisième soir. Et dimanche, il a mis la dernière touche à son chef d'oeuvre, réalisant un superbe aller avec quatre birdies en neuf trous. Suffisant pour écoeurer ses opposants, qui ne sont pas arrivés à suivre son rythme.
Luke Donald était donc le mieux placé à l'entame du dernier tour. Mais le Britannique de 29 ans, sur qui toute l'Europe comptait pour rapporter un majeur après sept années de disette, s'est montré trop tendre pour destabiliser le Tigre. il réalise une très mauvaise carte (74), et termine troisième ex aequo à six coups de l'Américain, avec l'Espagnol Sergio Garcia, auteur d'un beau 70 et l'Australien Adam Scott, qui réalise la carte du jour (67). Le Canadien Mike Weir aurait pu gâcher la vie de Woods, mais après un bon aller (-2), il s'est écroulé au retour (+4), finissant sixième à -11. Non, en fin de compte, le dauphin de Woods est un autre Américain, Shaun Micheel, vainqueur de l'USPGA en 2003, plutôt discret durant tout le tournoi, et qui s'offre un dernier tour en 69 et finit à -13, mais tellement loin du vainqueur. Et que dire des deux compatriotes de Woods, Chris DiMarco et Phil Mickelson, pourtant encore prétendants à la victoire dimanche matin. Le premier a rendu une carte dans le par pour une douzième place, le deuxième, tenant du titre, est passé à côté de son dernier tour (74) et se contente de la seizième place finale. Une telle domination peut amener à se demander si Tiger Woods est si fort que ça ou si les autres golfeurs du circuit sont trop mauvais pour le battre? Lorsqu'on les interroge, tous répondent de concert, comme un aveu d'impuissance : «Il est juste meilleur que nous». Geoff Ogilvy, rajoutant avec humour : «Quelqu'un doit bien être le meilleur, alors pourquoi pas lui?». Certes, techniquement et mentalement, Woods est le meilleur joueur du monde actuellement, peut-être le meilleur de tous les temps. Même Jack Nicklaus dit de lui : «Il est très bon, il joue un golf extraordinaire». Bel hommage venant de celui qui a gagné 18 tournois du Grand Chelem. Mais alors que Nicklaus intimidait ses adversaires à l'époque où il dominait le golf mondial, Woods leur fait peur, tout simplement. Et Luke Donald, qui a partagé sa partie dimanche, ne dira pas le contraire, tellement il fut incapable de rivaliser, comme s'il était paralysé. Dans un sport où le mental est si important, Woods a pris un ascendant si fort qu'on se demande qui pourra bien le faire descendre de son trône. Une seule statistique suffit pour démontrer à quel point Tiger Woods semble intouchable. Il n'a jamais perdu un Majeur lorsqu'il était en tête seul ou ex aequo au départ du quatrième tour, ce qui est arrivé lors de ses douze victoires. Autant dire que sa force mentale, en plus de son immense talent, sont hors du commun. Pas vraiment de quoi rassurer ses adversaires... |
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