| La France pourra s'appuyer sur la détermination de Véronique Pecqueux-Rolland. (L'Eq.) |
CHAMPIONNAT DU MONDE FEMMES
«JE SUIS À BLOC»
A 35 ans et avec près de 270 sélections en équipe de France, Véronique Pecqueux-Rolland s'apprête à disputer ses quatrièmes Championnats du monde, dès dimanche, à Pau. Sortie de sa retraite internationale pour l'occasion, la meilleure pivot des JO de Sydney et d'Athènes, animée par une motivation sans faille, espère une grande fête, sportive, humaine, et nationale.
«Véronique Pecqueux-Rolland, après avoir pris votre retraite internationale en 2005, vous êtes de retour sous le maillot bleu...
Et j'en suis très heureuse ! Nous attendions ce Mondial en France depuis longtemps. J'avais arrêté en 2005 car j'avais très mal vécu les JO d'Athènes où nous avions fini à la pire des places (4es), l'Euro 2004 avait été un enfer, et mon fils Gabin (3 ans) commençait à réclamer sa maman. La décision de mettre un terme à ma carrière internationale avait été réfléchie et je ne voulais pas revenir dessus. Mais lorsque j'ai su que ces Championnats du monde auraient lieu en France, les gens ont commencé à me dire "allez, tu reviens, tu reviens...", ce à quoi je répondais "euh... on se calme !" (rires). La décision de reprendre a été prise en accord avec mon mari et Olivier Krumbholz. Je suis revenue dans le groupe sur la pointe des pieds en 2006 avec pour objectif une qualification à l'Euro, et avec une énorme envie.
Comment abordez vous cette compétition en France ?
C'est à nous de tout mettre en oeuvre pour faire de cet événement une réussite. Nous n'avons jamais disputé de compétition de ce niveau-là en France, donc il y aura une pression que nous ne connaissons pas. A nous de la transformer de manière positive. Même si l'ambition affichée par l'entraîneur est un quart de finale, j'aimerais bien évidemment que nous finissions la quinzaine avec une médaille autour du cou. Cette compétition est importante pour nous, mais l'est également pour le monde du handball. Lorsqu'on voit que tous les sites sont plein à craquer, et l'engouement suscité par ce Mondial, c'est un immense plaisir. J'espère voir une grande fête... et avec une médaille, ce serait encore mieux ! (rires)
Vous allez disputer votre quatrième Mondial (après 1997, 1999, et 2003 où les Françaises ont été sacrées championnes du monde), et vous semblez toujours aussi motivée...
Je suis à bloc. En ce moment, je vis pour ça, c'est mon objectif, je l'attends depuis très longtemps... Nous avons fait une énorme préparation que j'ai super bien vécue, nous avons beaucoup bossé, pris conscience du travail à faire, et chacune s'est pris en charge pour un même objectif. J'aimerais tellement que ce soit super, qu'on ne se "gauffre" pas... Ça va être très difficile, il va falloir battre de grosses équipes, mais je suis heureuse de vivre dans ce groupe-là, il est très riche.
«Nous avons quelque chose qui nous unit»
Quelles sont les forces de ce groupe ?
Nous sommes toutes différentes, donc nous nous apportons toutes quelque chose chacune les unes aux autres. Nous nous encourageons énormément, chacune peut compter sur une autre en cas de coup dur sur le terrain. Il y a un vrai échange, pas de frontière entre les anciennes et les plus jeunes, arrivées avec un bon état d'esprit. Elles ont envie d'apprendre, donc c'est hyper positif.
Depuis 1999, et l'éclosion du hand féminin avec cette finale épique des Championnats du monde (mais perdue, face à la Norvège), cette équipe de France semble puiser ses ressources dans ses valeurs humaines...
C'est ça qui nous sauve. Nous avons des valeurs au plus profond de nous, quelque chose qui nous unit. Avec Isa (Wendling), nous jouons ensemble depuis 1993, nous n'avons pas besoin de nous parler pour nous comprendre sur le terrain... Il y a une histoire humaine à chaque fois. Il est impossible de faire un résultat sans relations fortes dans un groupe. Bien sûr, il est impossible d'avoir des affinités avec tout le monde, mais au Danemark, lors de la World Cup, malgré les blessures, nous avons réussi à faire des résultats grâce à un bon état d'esprit. Nous nous battons toute ensemble, et tout le monde est au diapason.
Cela compense parfois un jeu moins léché que celui des Norvégiennes ou encore des Russes ?
Nous n'avons pas la culture nordique, nous avons notre culture à nous (rires). Le fait de posséder une équipe avec des cultures différentes rend notre jeu métissé ! Nous savons que nos attaques placées ne sont pas hyper transcendantes, mais notre défense, peut, elle, être exceptionnelle. Si on me dit "votre jeu est pourri", je ne suis pas vexée, nous avons été championnes du monde avec un jeu pourri ! (rires). Bien sûr, nous ne sommes pas les meilleures au hand, mais les équipes nous craignent car elles ne savent jamais ce que nous allons sortir du chapeau.
Et vous, vous le savez ?
Non ! (rires)... On garde les surprises en réserve. Mais en défense, nous ne faisons jamais la même chose, c'est ça notre force !»