FINALE - FRANCE - ESPAGNE : 31-23LA FRANCE SACRÉEL'équipe de France est devenue championne d'Europe, dimanche à Zurich, en dominant en finale l'Espagne (31-23). Les handballeurs français, champions du monde en 1995 et 2001 mais jamais montés sur un podium continental, comblent brillamment une lacune de leur palmarès. Doubles champions du monde (1995, 2001), plusieurs fois médaillés mondiaux, médaillés olympiques en 1992, les Bleus n'avaient jamais réussi à monter sur le podium de la compétition continentale, considérée unanimement comme la plus difficile car réunissant les meilleures sélections mondiales. Ce succès affranchit définitivement les Tricolores version 2006 de leurs aînés
Richardson,
Kervadecou
Anquetil,qui avaient marqué l'histoire du handball français et pris leur retraite internationale après avoir décroché le bronze au Mondial 2005 en Tunisie. «
Je suis heureux d'écrire l'Histoire comme nos prédécesseurs. On a beaucoup entendu que cette équipe mettrait du temps pour arriver à maturité. Nous étions persuadés d'être déjà prêts. Que le réservoir nous permettrait d'atteindre le podium», s'est réjoui le capitaine
Olivier Girault. A l'image de l'ensemble de sa compétition, la France s'est principalement appuyée sur sa défense pour réduire au silence les champions du monde. Organisée autour de
Dinart, elle a été la principale clé de la réussite tricolore.
«
L'équipe de France a toujours forgé ses victoires grâce à la défense, explique Dinart.
On a été vraiment monstrueux, énormes, dans ce secteur depuis la défaite contre l'Espagne au premier tour. Je suis aussi fier de la réaction de l'équipe que de ma propre prestation». Les Espagnols ont affiché pourtant leur confiance en début de rencontre, une aisance concrétisée par un kung-fu conclu par Rocas à la 5e (1-4). D'abord hésitants, les Français se sont repris, menant 5-4 par Abalo. Sans les interventions de Barrufet le gardien espagnol, les Français auraient même pu creuser un écart conséquent plus tôt. Ils ont gaché plusieurs occasions, tandis que les champions du monde ont profité du réalisme de leurs avants Garcia et Rocas à l'aile et Urios au pivot (7-7, 14e puis 11-11, 20e). Barrufet sorti sur blessure, son alter ego Hombrados s'est interposé à son tour sur les tireurs tricolores. Mais dans la zone d'en face, Omeyer le portier montpelliérain a alors entamé son propre numéro.
L'attaque française manquait toujours de liant mais les exploits individuels de
Narcisseou
Fernandezà l'arrière ont donné un nouvel avantage (15-12, 26e). Une défense compacte, un
Omeyerau diapason (13 arrêts) et un
Karabaticen plein essor, la France a viré en tête au retour des vestiaires (17-13). Revenus par trois fois à deux buts notamment grâce à Garcia, les Espagnols ont relancé provisoirement le match. Omeyer et Hombrados se sont alors livrés un duel à distance qui a ralenti l'évolution du score mais la France, avec un Karabatic déchaîné (11 buts), a pris le large. «
Il fallait être vigilant, a retenu Luc Abalo, benjamin des Bleus et révélation de l'Euro.
On savait qu'on avait tout pour gagner, ça aurait été bête de les laisser revenir. Mais on a su tenir derrière grâce à notre défense». Malgré le coup dur qui les a frappés à dix minutes de la fin avec le carton rouge délivré à
Guillaume Gille, la France a continué son ascension (28-20). Les Espagnols, dépités, ont joué sans aucune conviction tandis que le banc français a exulté. Il a laissé définitivement éclater sa joie après un ultime but, inscrit par Karabatic, héros de la finale et symbole vivant du nouveau visage victorieux de l'équipe de France.
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