| Nina Kanto prise dans la tenaille de la défense roumaine. (AFP) |
Championnat du monde : France - Roumanie (31-34 a. 2 p.)
LE RÊVE BRISÉ
L'équipe de France n'ira pas en demi-finales de son Mondial, après son échec face à la Roumanie au bout de deux prolongations (34-31), jeudi à Bercy. Après avoir mené de 7 buts en première mi-temps, les Tricolores ont déjoué en seconde période, et explosé physiquement dans les 5 dernières minutes.
«L'équipe de France est plus à l'aise dans le rôle de chasseur que celui de chassé», indiquait Olivier Krumbholz à l'issue du premier tour, à Pau. Elle en a une nouvelle fois fait la démonstration jeudi à Bercy. Sur un nuage en première période, elle a connu le "trou noir" au retour des vestiaires, un vide similaire au cauchemar subi face à l'Angola à Metz la semaine passée (défaite 27-29, après avoir mené de 7 buts).
Le scénario face aux Roumaines débutait pourtant de manière idéale : un Palais Omnisports de Bercy quasiment plein, une Valérie Nicolas exceptionnelle (35 arrêts à 60%), et des attaques efficaces. Mise en confiance par la réussite de son dernier rempart, et la solidité défensive affichée depuis le début de la rencontre, la capitaine française Stéphanie Cano, de retour sur le terrain après son forfait messin (cuisse), chipait un ballon sur son aile droite pour marquer, un temps plus tard, sur sa première tentative (4-1 après 5'). Seulement quatre minutes plus tard, le temps à Valérie Nicolas de sortir 3 ballons sans encaisser le moindre but, Myriam Borg prenait ses responsabilités en débloquant le compteur (5-1). Comme à son habitude, Sophie Herbrecht, meilleure marqueuse tricolore, aidée par Camille Ayglon, ou Maakan Tounkara, faisait gonfler la marque (12-5). Rentrées aux vestiaires gonflées par leur prestation de la première période et le public parisien, solides dans tous les compartiments du jeu, les Françaises pouvaient également se satisfaire de l'écart qu'elles avaient su creuser (14-8)... avant de complètement déjouer.
«Il faut se relancer»
Aux attaques justes et placées de la première période succédaient les pertes de balles, et les échecs devant le but (64% en première période, 57% en seconde). Ramona Maier retrouvait de l'efficacité face à Valérie Nicolas (0/2 en première période, contre 7/8 en seconde), et Christina Neagu, du haut de ses 19 ans, se jouait de Valérie Nicolas (6/9). Les Bleues se faisaient rattraper (15-14), puis dépasser (21-20), avant que Myriam Borg, parfait relais de Sophie Herbrecht sur penalty, donne le droit à son équipe de disputer la prolongation (24-24) dans la dernière minute du temps réglementaire. Au coude à coude avec les finalistes du dernier Mondial jusqu'à l'ultime période de la prolongation (27-27), les Bleues accusaient ensuite le coup physiquement et manquaient de lucidité devant le but, pour finalement se faire distancer (31-29), et voir ces demi-finales leur échapper (34-31). «C'est une grande déception bien sûr. L'équipe de France a offert un grand match, et a été digne de son match. Le début de la deuxième mi-temps a été désastreux mais il faut se relancer», analysait Krumbholz après la rencontre.
Se relever et avancer. Non, il n'y aura pas de médaille mondiale à domicile pour les Françaises, mais pourquoi ne pas aller en chercher une, olympique, à Pékin en août ? «C'est la seule qui manque à ma collection», aimait plaisanter Véronique Pecqueux-Rolland avant le début du Mondial. Faire oublier les déceptions de Sydney (6e, en 2000) et Athènes (4e, en 2004) et ambitionner de grandes choses en Chine, avec un groupe assurément solide et solidaire. Assurées de disputer un des tournois préolympiques grâce à leur qualification en quarts de finale, les Françaises pourraient le jouer à domicile en terminant cinquièmes de la compétition. Pour cela, il leur faudra d'abord défier les Hongroises d'Anita Görbicz samedi en début d'après-midi (12h30), et se rappeler -pourquoi pas- aux bons souvenirs de 2003 et de cette folle finale à Zagreb où les Hongroises croyaient décrocher l'or, avant que les Françaises ne remontent 7 buts dans les 7 dernières minutes pour rafler la mise en prolongation.