| L'ailière Raphaëlle Tervel isolée au milieu de quatre joueurs angolaises. (L'Equipe) |
Championnat du monde : France - Angola (27-29)
PASSÉES À CÔTÉ
L'équipe de France n'a pas su déjouer le piège angolais, jeudi à Metz, et a concédé une défaite (27-29) qui pourrait s'avérer lourde de conséquences en vue des quarts de finale, à Bercy. Les Bleues ont brûlé leur joker et devront s'imposer face à la Macédoine, samedi, pour espérer continuer leur parcours à Paris. La Russie et la Norvège se sont logiquement imposées.
«Ne pas se laisser marcher sur les pieds.» Tel avait été le mot d'ordre lancé par Olivier Krumbholz, l'entraîneur de l'équipe de France, avant d'attaquer le tour principal. Réduire les espaces afin de ne pas laisser les Angolaises développer leur jeu, avant tout basé sur le physique, faire preuve d'agressivité et empêcher les montées de balle. Le contrat a été rempli par les Françaises. En première mi-temps (16-11) ! Avant un gros relâchement «et un arbitrage scandaleux» selon Olivier Krumbholz, qui ont coûté très cher. Amputées du bras gauche de Stéphanie Cano (cuisse)... mais bénéficiaires de celui de Maakan Tounkara, auteur d'un 100% en première mi-temps (3/3), les partenaires de Myriam Borg, promue capitaine en l'absence de la Béglaise, entamaient pourtant le match de la meilleure des manières. Les coups de catapultes de Sophie Herbrecht étaient toujours aussi efficaces (100% en première mi-temps à 5/5), et Valérie Nicolas (à 8/14) mettait en échec l'ancien duo dijonnais Ilda Bengue - Marcelina Kiala. Menant de cinq buts à la pause, les Françaises pouvaient rejoindre le vestiaire satisfaites. Trop peut-être...
«Nous avons pris peur»
«Pourtant, nous avions été prévenues par Olivier(Krumbholz) à la mi-temps», déclarait Alison Pineau à la sortie du match. Alertées que le défi physique proposé par les Africaines durerait encore 30 minutes. Alertées que le match était loin d'être gagné. Le 7-0 encaissé alors que les Françaises menaient 20-16 a fait mal, trop mal. «Nous n'avons jamais su nous reprendre. Lorsqu'elles sont revenues, nous nous sommes figées, nous avons été prises de vitesse, nous avons pris peur dans les savoir-faire», analysait le technicien tricolore après le coup de massue. Ni le bras droit de Sophie Herbrecht, toujours aussi brillante (11/14), ni les arrêts de Valérie Nicolas en fin de match n'ont pu, cette fois, sauver l'équipe de France. «Il aurait fallu se réveiller plus tôt, vers la 50e minute. D'ailleurs, les arbitres penseraient que nous le ferions, mais ils ont eu tort, et voilà ce que ça donne !», insistait Krumbholz, avant de sportivement saluer la performance angolaise, «qui possède une très bonne équipe, avec des joueuses extraordinaires, et des bras fabuleux», dont celui de Naïr Almeida (à 11/14), désignée meilleure joueuse de la rencontre, et décisive en fin de rencontre. Une dernière ligne droite marquée par la sortie sur civière de Stéphanie Lambert, touchée aux muscles jumeaux (arrière du mollet), du réveil tardif du public messin, et de la première défaite des Bleues de ce Mondial.
Vendredi permettra de recharger les batteries, physiques et mentales, en vue d'une confrontation déjà décisive face à la Macédoine (samedi à 15h00) en vue des quarts de finale. Une défaite obligerait les Tricolores à des exploits face à Norvège et à la Russie, favorites du tournoi. «Match après match», a dit Olivier Krumholz, match après match... On reconnaît les grandes equipes dans les moments difficiles paraît-il...
Championne du monde en titre, la Russie n'a pas vraiment connu de problèmes face à la Croatie (30-25), même en l'absence de sa super star Irina Poltoratskaya, laissée au repos. Championne continentale, la Norvège, ultra dominatrice contre la Macédoine (34-22) en fin de soirée, s'est payée le luxe de jouer à 7 joueuses de champ pendant quelques minutes en seconde mi-temps. De quoi vexer la Macédoine avant samedi, et pourquoi pas, faire enrager les Françaises sur les coups de 15h00...